Six expériences du temps

Obadia

Type de document
Livre
Langue
Français
Auteur
Obadia
Résumé / Abstract
$a Comment défile le temps lorsque l’on est face à un film ou une vidéo dont c’est par essence le principe ? 
J’ai voulu construire un corpus le plus complet possible, équilibré et cohérent. J’ai fait comme si je devais monter une exposition ou un programme de diffusion de films ou vidéos. Mon plan pourrait être inversé ou mélangé, car les six parties que constituent mes six exemples sont toutes également interconnectées entre elles. J’ai donc choisi l’ordre chronologique, me permettant ainsi d’articuler implicitement les éléments sur la trame de l’histoire de l’art vidéo – ou de la vidéo dans l’art, des années 60 à nos jours. Ces six exemples couvrent justement toute cette période, des débuts de l’art vidéo jusque l’époque actuelle.Les deux premières vidéos que j’ai d’abord rassemblées étaient 24 Hour Psycho de Douglas Gordon et The Clock de Christian Marclay, tout simplement pour leur durée commune de vingt-quatre heures. En quoi étaient-elles si différentes et si liées fondamentalement ? Ayant ces deux exemples en tête, je me suis interrogée sur les traits principaux qui les rassembleaient : Elles sont très longues – une journée - leur temporalité est démesurée; même si elles peuvent le devenir, elles ne sont pas des narrations, et elles sont chacune des entités complètes : toutes les heures d’une journée pour l’une, tout un film d’Hitchcock pour l’autre et toute une journée pour les deux.Lorsque je cherchais les bons exemples pour ce mémoire, c’est une anecdote de Bob Calle (merci) qui me donna l’idée de choisir Sleep : il avait eu l’idée de le projeter en permanence sur un mur du restaurant La Coupole. Finalement, cela n’a pas abouti, mais peu importe. C’est un sommeil entier, donc cela m’intéressait. Les totalités, les choses insécables ont cette force d’être comme elles doivent être, imparables, indiscutables.Ayant trois films aux durées démesurées, je me suis demandé quelle tension se jouerait si je les associais à un film au contraire incroyablement bref, Fall ll de Bas Jan Ader. Pour avoir toutes les cartes en mains, j’ai ensuite cherché un plan-séquence - du « vrai temps » non monté - et une vidéo en boucle, dont le rapport au temps serait par nature forcément en décalage avec les autres. C’est ainsi que j’ai choisi ce plan-séquence sur un coucher de soleil, The Green Ray de Tacita Dean, et Absalon qui se bat en boucle, dans Bataille.Sans savoir si l’on pouvait vraiment définir comment passe le temps, je me suis attardée sur ces six entités, les observant, les comparant, les démontant, les opposant, les reliant : pour voir.

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